Novembre 2005 : anecdotes

 

Tolérance zéro

Les changements de règles de la NHL destinés à favoriser le jeu offensif ont été un franc succès. La reprise après le lock-out a permis aux joueurs de retrouver le plaisir de jouer, et aux spectateurs d'affluer vers ce spectacle inédit, avec des scores élevés traduisant un esprit offensif perdu depuis longtemps. Au vu des chiffres de remplissage des patinoires, exceptionnels, le pari de la nouvelle NHL semble gagné. Les voix discordantes y sont minoritaires, et ce sont souvent des "goons" qui ont perdu leur place de titulaires au profit de joueurs réellement doués pour le hockey et qui annoncent qu'ils reviendront bientôt à l'affiche quand le public réclamera les bagarres disparues... On note cependant des stars comme Steve Yzerman qui se sont prononcées contre les nouveaux règlements.

Le parti pris de la NHL a été si radical que la fédération internationale s'est presque fait devancer, elle qui devait d'habitude compter avec l'opposition des standards nord-américains quand elle voulait fluidifier le jeu. Le président de l'IIHF René Fasel n'a pu que déclarer que les accrochages et les obstructions seraient bannis avec la même sévérité aux Jeux Olympiques de Turin. Cette simple mise au point, partant d'une bonne intention, a pourtant déclenché un vent de panique soudain en Europe. De nombreux arbitres internationaux ont désapprouvé cette mesure, certains faisant remarquer qu'ils sont seuls et qu'ils ne peuvent pas tout voir, alors que la NHL fonctionne avec deux arbitres principaux.

Les ligues européennes ont aussi craint que les joueurs de leurs championnats soient désavantagés s'ils arrivaient aux JO sans être habitués à une telle sévérité arbitrale. La DEL, où se joue sans doute le hockey le plus rugueux et le plus canadien, a fait savoir qu'elle ne changerait rien, mais elle devient presque une exception, dictée par son peu d'intérêt pour l'équipe nationale allemande. Car en Suède, en Suisse et en République Tchèque, ses homologues se sont ralliées aux nouvelles consignes. Une décision qui a été loin de faire l'unanimité. En Suède, beaucoup d'experts sont sceptiques, et ils ne se sont pas privés de railler tel arbitre qui sifflait tous les "accrocher" mais pas les "retenir" plus nuisibles au jeu mais moins visibles. En Suisse, la "tolérance zéro", telle qu'elle est baptisée, est également moquée, et on a même vu des supporters de deux équipes opposées vilipender ensemble un grand nombre de pénalités en chantant qu'on avait dénaturé leur hockey.

La NHL serait-elle devenue réformatrice et l'Europe conservatrice ? Don Cherry va-t-il demander l'asile politique en Suède ? Ou tout cela n'est-il que temporaire le temps que la transition se fasse et qu'un nouvel équilibre se trouve ?

 

 

Les citations du mois

 

"Boork est un danger pour le hockey suédois [...] Il y en a beaucoup qui acclament Boork et c'est dangereux. Soudain ses méthodes de travail pourraient devenir la norme dans le hockey suédois." Curt Lundmark dénonce dans Aftonbladet son collègue Leif Boork, l'entraîneur de Brynäs qui a décidé de virer en plein championnat deux joueurs qui ne lui donnaient pas satisfaction, Mikael Wahlberg et Tommi Miettinen.

"La NHL aime et est prête à supporter les faibles parce que c'est plus avantageux pour elle. [Le président de la fédération russe] Aleksandr Steblin aide sans ambiguïté la NHL à développer son business, aucun doute là-dessus à mon sens. Si on veut gagner en sport, il faut être super-arrogant et savoir se protéger. En Occident, ils ne respectent que les forts. [...] J'ai parlé avec le président Nursultan Nazarbaïev en présence de toutes les élites économiques et administratives du Kazakhstan, et ils soutiennent l'idée de l'EAHL. [...] Je conduis les conversations au niveau des dirigeants du pays, et Aleksandr Yakovlevich [Steblin]... disons, à son niveau." Le ministre des sports russe Vyacheslav Fetisov dans Sport Express. La guerre de clans est lancée entre Fetisov et Steblin

"Quand un sportif sait-il qu'il est temps d'arrêter ? Souvent on dit qu'il doit écouter son cur..." Commentaire judicieux du Detroit Free Press à propos du défenseur tchèque Jirí Fischer, victime d'un arrêt du cur en plein match de NHL et réanimé sur le banc, alors qu'il se savait depuis trois ans atteint d'une hypertrophie cardiaque.

 

 

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