NHL 1980/81

 

En deux ans, la NHL est passée de 3 à 7 équipes canadiennes. En difficulté financière, les Atlanta Flames ont en effet été vendus à un groupe de businessmen de Calgary. Le nom originel de la franchise est une allusion à un épisode de la guerre de Sécession qui a traumatisé la Géorgie, l'incendie déclenché par le Général Sherman. Même après le déménagement au Canada, le nom de "Flames" est cependant conservé. L'entrepreneur Nelson Skalbania, moteur dans l'acquisition de la franchise même s'il ne gardera ses parts qu'un an (il a l'habitude de ce genre de transactions à court terme depuis qu'il s'est mis à l'immobilier dix ans plus tôt), trouve en effet que les flammes peuvent aussi faire penser au pétrole, la grande richesse du sous-sol de l'Alberta. Pour la petite histoire, Skalbania est l'ancien président des Edmonton Oilers, à qui il vient donc de créer un rival local.

 

Classement (80 matches)

                               Pts    V   N  D     BP-BC   Diff
 1 New York Islanders       P  110   48  14  18   355-260  +95
 2 Saint Louis Blues        S  107   45  17  18   352-281  +71
 3 Canadiens de Montréal    N  103   45  13  22   332-232  +100
 4 Los Angeles Kings        N   99   43  13  24   337-290  +47
 5 Buffalo Sabres           A   99   39  21  20   327-250  +77
 6 Philadelphia Flyers      P   97   41  15  24   313-249  +64
 7 Calgary Flames           P   92   39  14  27   329-298  +31
 8 Boston Bruins            A   87   37  13  30   316-272  +44
 9 Minnesota North Stars    A   87   35  17  28   291-263  +28
10 Chicago Black Hawks      S   78   31  16  33   304-315  -11
11 Nordiques de Québec      A   78   30  18  32   314-318  -4
12 Vancouver Canucks        S   76   28  20  32   289-301  -12
13 New York Rangers         P   74   30  14  36   312-317  -5
14 Edmonton Oilers          S   74   29  16  35   328-327  +1
15 Pittsburgh Penguins      N   73   30  13  37   302-345  -43
16 Toronto Maple Leafs      A   71   28  15  37   322-367  -45
17 Washington Capitals      P   70   26  18  36   286-317  -31
18 Hartford Whalers         N   60   21  18  41   292-372  -80
19 Colorado Rockies         S   57   22  13  45   258-344  -86
20 Detroit Red Wings        N   56   19  18  43   252-339  -87
21 Winnipeg Jets            S   32    9  14  57   246-400  -154

(A : division Adams ; N : division Norris ; P : division Patrick ; S : division Smythe)

L'offensive est de plus en plus l'honneur en NHL. Le grand feuilleton de la saison régulière est la poursuite du record légendaire de 50 buts en 50 parties établi par Maurice Richard. Charlie Simmer, l'ailier gauche de la "Triple Couronne" de Los Angeles, échoue de très peu (il finira la saison avec un pourcentage improbable et inégalé de 32,75% de réussite aux tirs). Mike Bossy est proche du but, mais il lui en manque deux quand il arrive au cinquantième match, à domicile contre Québec. Il reste muet pendant deux périodes et se sent très frustré, mais dans un incroyable dénouement, il marque deux fois dans les six dernières minutes, égale le record et reçoit les félicitations du "Rocket". Les records historiques de points et d'assistances établis par Esposito et Orr volent aussi en éclat : dès sa deuxième saison, Wayne Gretzky devient la référence de la NHL.

 

Meilleurs marqueurs de la saison régulière

                                       MJ    B   A  Pts   +/-   Pén
 1 Wayne Gretzky         Edmonton      80   55 109  164   +41   28'
 2 Marcel Dionne         Los Angeles   80   58  77  135   +55   70'
 3 Kent Nilsson (SUE)    Calgary       80   49  82  131   +15   26'
 4 Mike Bossy            NY Islanders  79   68  51  119   +37   32'
 5 Dave Taylor           Los Angeles   72   47  65  112   +47  130'
 6 Peter Stastny (TCH)   Québec        77   39  70  109   +11   37'
 7 Charlie Simmer        Los Angeles   65   56  49  105   +31   62'
 8 Mike Rogers           Hartford      80   40  65  105   -22   32'
 9 Bernie Federko        St. Louis     78   31  73  104   +9    47'
10 Jacques Richard       Québec        78   52  51  103   -9    39'
11 Rick Middleton        Boston        80   44  59  103   +15   16'
12 Bryan Trottier        NY Islanders  73   31  72  103   +49   74'
13 Dennis Maruk          Washington    80   50  47   97   -7    87'
14 Wilf Paiement         Toronto       77   40  57   97   -7   145'
15 Wayne Babych          Saint-Louis   78   54  42   96   +14   93'
16 Darryl Sittler        Toronto       80   43  53   96   -8    77'
17 Mike Gartner          Washington    80   48  46   94   -5   100'
18 Bobby Smith           Minnesota     78   29  64   93   +1    73'
19 Rick Kehoe            Pittsburgh    80   55  33   88   -9     6'
20 Blake Dunlop          Saint-Louis   80   20  67   87   +16   40'

Meilleurs gardiens

                                        Min    Moy.
1 Richard Sévigny        Montréal      1777    2,40  (Vézina)
2 Rick St. Croix         Philadelphie  1567    2,49
3 Don Edwards            Buffalo       2700    2,96
4 Pete Peeters           Philadelphie  2333    2,96
5 Bob Sauvé              Buffalo       2100    3,17
6 Don Beaupré            Minnesota     2585    3,20
...
  Denis Herron           Montréal      1147    3,50  (Vézina)
  Michel Larocque        Montréal      2083    3,51  (Vézina)

 

Les trophées

Meilleur joueur (trophée Hart) : Wayne Gretzky (Edmonton Oilers).

Meilleur joueur élu par ses pairs (trophée Lester B. Pearson) : Mike Liut (Saint-Louis Blues).

Meilleur défenseur (trophée Norris) : Randy Carlyle (Pittsburgh Penguins).

Meilleur attaquant défensif (trophée Selke) : Bob Gainey (Canadiens de Montréal).

Meilleure recrue (trophée Calder) : Peter Stastny (Nordiques de Québec).

Fair-play (trophée Lady Byng) : Rick Kehoe (Pittsburgh Penguins).

Persévérance (trophée Masterton) : Blake Dunlop (Saint-Louis Blues).

Meilleur entraîneur (trophée Jack Adams) : Gordon "Red" Berenson (Saint-Louis Blues).

Première équipe all-star : Mike Liut (Saint-Louis) ; Randy Carlyle (Pittsburgh) - Denis Potvin (NY Islanders) ; Charlie Simmer (Los Angeles) - Wayne Gretzky (Edmonton) - Mike Bossy (NY Islanders).

Deuxième équipe all-star : Mario Lessard (Los Angeles) ; Ray Bourque (Boston) - Larry Robinson (Montréal) ; Bill Barber (Philadelphie) - Marcel Dionne (Los Angeles) - Dave Taylor (Los Angeles).

 

Play-offs

Premier tour (8, 9, 11, 12 et 14 avril 1981)

New York Islanders - Toronto 9-2 (2-0,4-1,3-1)
New York Islanders - Toronto 5-1 (0-0,3-0,2-1)
Toronto - New York Islanders 1-6 (0-5,1-1,0-0)

Saint-Louis - Pittsburgh 4-2 (2-1,1-1,1-0)
Saint-Louis - Pittsburgh 4-6 (1-0,1-4,2-2)
Pittsburgh - Saint-Louis 4-5 (1-1,2-3,1-1)
Pittsburgh - Saint-Louis 6-3 (1-2,2-1,3-0)
Saint-Louis - Pittsburgh 4-3 a.p. (0-1,2-1,1-1,0-0,1-0)

Montréal - Edmonton 3-6 (1-3,0-0,2-3)
Montréal - Edmonton 1-3 (0-1,1-1,0-1)
Edmonton - Montréal 6-2 (2-0,2-2,2-0)
Los Angeles - New York Rangers 1-3 (0-1,0-1,1-1)
Los Angeles - New York Rangers 5-4 (2-1,1-1,2-2)
New York Rangers - Los Angeles 10-3 (4-2,4-0,2-1)
New York Rangers - Los Angeles 6-3 (2-2,1-1,3-0)

Buffalo - Vancouver 3-2 a.p. (0-1,1-1,1-0,1-0)
Buffalo - Vancouver 5-2 (3-1,2-0,0-1)
Vancouver - Buffalo 3-5 (1-3,0-1,2-1)

Philadelphie - Québec 6-4 (3-1,0-2,3-1)
Philadelphie - Québec 8-5 (3-1,2-2,3-2)
Québec - Philadelphie 2-0 (0-0,0-0,2-0)
Québec - Philadelphie 4-3 a.p. (1-3,0-0,2-0,1-0)
Philadelphie - Québec 5-2 (1-1,1-0,3-1)

Calgary - Chicago 4-3 (0-0,2-2,2-1)
Calgary - Chicago 6-2 (1-0,2-1,3-1)
Chicago - Calgary 4-5 a.p. (2-2,0-2,2-0,0-0,0-1)

Boston - Minnesota 4-5 a.p. (1-2,2-0,1-2,0-1)
Boston - Minnesota 6-9 (2-3,1-3,3-3)
Minnesota - Boston 6-3 (4-1,1-0,1-2)

En 14 ans d'existence et en 34 tentatives, les North Stars du Minnesota n'ont jamais gagné un seul match au Boston Garden, une petite glace où les "Big Bad Bruins" font la loi. Glen Sonmor, l'entraîneur de Minnesota, sait qu'il dispose de joueurs tout aussi dur et veut mettre un terme à cette malédiction, lors de leur dernière visite fin février, avait ordonné à ses hommes de jeter les gants dès la première fois où ils subiraient une intimidation. Ça n'a pas manqué : dès l'engagement, l'agitateur Steve Kasper a envoyé sa crosse au menton de la star des visiteurs Bobby Smith, qui n'a rien d'un bagarreur mais a riposté aussitôt avec les poings. Tout le monde a suivi l'exemple et le match a battu un record de la NHL avec 406 pénalités dont sept expulsions définitives. Minnesota a perdu le match 5-1, mais n'a plus peur. Lorsque les play-offs commencent, les North Stars retrouvent Boston et mettent fin à la série noire sur un but en prolongation de Steve Payne. Pas de bain de sang cette fois, les verts se qualifient sans coup férir.

 

Quarts de finale (16, 17, 19, 20, 22, 24 et 26 avril 1981)

New York Islanders - Edmonton 8-2 (2-0,4-1,2-1)
New York Islanders - Edmonton 6-3 (0-1,3-1,3-0)
Edmonton - New York Islanders 5-2 (0-0,2-1,3-1)
Edmonton - New York Islanders 4-5 a.p. (2-2,1-2,1-0,0-1)
New York Islanders - Edmonton 3-4 (2-2,0-1,1-1)
Edmonton - New York Islanders 2-5 (0-1,1-2,1-2)

Saint-Louis - New York Rangers 6-3 (3-1,3-1,0-1)
Saint-Louis - New York Rangers 4-6 (3-1,0-1,1-4)
New York Rangers - Saint-Louis 6-3 (1-1,4-1,1-1)
New York Rangers - Saint-Louis 4-1 (2-1,1-0,1-0)
Saint-Louis - New York Rangers 4-3 (1-2,2-1,1-0)
New York Rangers - Saint-Louis 7-4 (3-0,2-3,2-1)

Buffalo - Minnesota 3-4 a.p. (0-1,2-0,1-2,0-1)
Buffalo - Minnesota 2-5 (1-0,0-2,1-3)
Minnesota - Buffalo 6-4 (3-1,0-2,3-1)
Minnesota - Buffalo 4-5 a.p. (1-3,2-1,1-0,0-1)
Buffalo - Minnesota 3-4 (1-1,0-2,2-1)

Philadelphie - Calgary 4-0 (2-0,2-0,0-0)
Philadelphie - Calgary 4-5 (2-2,0-3,2-0)
Calgary - Philadelphie 2-1 (1-1,0-0,1-0)
Calgary - Philadelphie 5-4 (1-1,2-0,2-3)
Philadelphie - Calgary 9-4 (5-1,2-1,2-2)
Calgary - Philadelphie 2-3 (0-0,1-3,1-0)
Philadelphie - Calgary 1-4 (0-2,1-1,0-1)

Cette saison, les joueurs des New York Rangers ont souvent rencontré parfois l'hostilité du public du Madison Square Garden, déçu de leur indiscipline et de leur distraction. Privés de leur coach Fred Shero (démissionnaire en novembre en raison de problèmes de boisson et remplacé par le directeur Craig Patrick), de la star Phil Esposito (qui a subitement pris sa retraite en janvier) et du centre Walt Tkaczuk (blessé à l'il en février), ils ont juste fait ce qu'il fallait pour se qualifier en play-offs dans la dernière ligne droite. Le défenseur Barry Beck a alors été nommé capitaine de l'équipe : jusque là incapable de répondre aux immenses attentes placées en lui (il avait été échangé contre quatre joueurs dans la grosse transaction de la saison précédente), il fait preuve d'autorité et est dominant contre Saint-Louis. Le gardien Mike Liut, qui ne s'est presque pas reposé depuis trois mois parce que les Blues visaient la première place de la saison régulière, finit par montrer ses limites : il reste efficace sur les premiers tirs mais les Rangers marquent sur les rebonds et se qualifient.

 

Demi-finales (28, 30 avril, 3, 5, 7 et 9 mai 1981)

New York Islanders - New York Rangers 5-2 (0-1,3-1,2-0)
New York Islanders - New York Rangers 7-3 (1-3,3-0,3-0)
New York Rangers - New York Islanders 1-5 (0-2,0-2,1-1) [le 2 mai]
New York Rangers - New York Islanders 2-5 (0-3,2-1,0-1)

Calgary - Minnesota 1-4 (0-1,1-2,0-1)
Calgary - Minnesota 3-2 (2-0,0-0,1-2)
Minnesota - Calgary 6-4 (2-1,2-3,2-0)
Minnesota - Calgary 7-4 (3-1,3-1,1-2)
Calgary - Minnesota 3-1 (1-0,1-0,1-1)
Minnesota - Calgary 5-3 (1-0,1-1,3-2)

Les North Stars se qualifient en finale et font sensation par la jeunesse de leurs meneurs. Le gardien Don Beaupré n'a que 19 ans. Dino Ciccarelli joue en NHL depuis moins de trois mois et bat le record de buts pour un rookie durant ces play-offs. Et le plus aimé de tous, le frais champion olympique Neal Broten, est arrivé en mars après la fin de la saison universitaire qu'il a dominée. L'enfant du pays, qui a fait toute sa carrière dans le Minnesota, apporte encore plus de vitesse de patinage à une équipe dont c'était déjà un atout.

 

Finale (12, 14, 17, 19 et 21 mai 1981)

New York Islanders - Minnesota 6-3 (3-0,1-1,2-2)
New York Islanders - Minnesota 6-3 (3-1,0-1,3-1)
Minnesota - New York Islanders 5-7 (3-1,0-3,2-3)
Minnesota - New York Islanders 4-2 (1-1,1-1,2-0)
New York Islanders - Minnesota 5-1 (3-1,1-0,1-0)

Les New York Islanders conservent la Coupe Stanley. En plus de son forechecking permanent, Butch Goring marque un triplé au troisième match et un doublé lors de la première période du cinquième match, des buts aux moments importants pour ne laisser aucune chance au Minnesota.

 

Meilleur joueur des play-offs (trophée Conn-Smythe) : Robert "Butch" Goring (New York Islanders).

Meilleurs marqueurs des play-offs

                                     MJ   B   A  Pts   Pén
1 Mike Bossy          NY Islanders   18  17  18   35    4'
2 Steve Payne         Minnesota      19  17  12   29    6'
3 Bryan Trottier      NY Islanders   18  11  18   29   34'
4 Bobby Smith         NY Islanders   19   8  17   25   13'
5 Denis Potvin        NY Islanders   18   8  17   25   16'
6 Dino Ciccarelli     Minnesota      19  14   7   21   25'
7 Wayne Gretzky       Edmonton        9   7  14   21    4'
8 Butch Goring        NY Islanders   18  10  10   20    6'

 

 

La saison précédente (1979/80)

La saison suivante (1981/82)

 

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