* Jeux Olympiques de Chamonix 1924 - Hockey sur glace

Jeux Olympiques de Chamonix 1924

 

Après un premier tournoi lors des Jeux d'été, le hockey sur glace est tout naturellement incorporé au programme des Jeux Olympiques d'Hiver disputés à Chamonix, alors appelés la "Semaine Internationale des Sports d'Hiver". Les rencontres, qui se déroulent sur la glace naturelle du Stade Olympique (70 mètres sur 30) aménagé le long de l'Arve, et sont désormais découpés en trois périodes de vingt minutes.

 

Groupe A

28 janvier
Suède - Suisse 9-0 (3-0,3-0,3-0)
Canada - Tchécoslovaquie 30-0 (8-0,14-0,8-0)
29 janvier
Canada - Suède 22-0 (5-0,7-0,10-0)
30 janvier
Canada - Suisse 33-0 (8-0,11-0,14-0)
31 janvier
Suède - Tchécoslovaquie 9-3 (5-1,1-1,3-1)
1er février
Tchécoslovaquie - Suisse 11-2 (4-0,3-2,4-0)

Classement : 1 Canada 6, 2 Suède 4, 3 Tchécoslovaquie 2, 4 Suisse 0.

En passant trente buts aux Tchécoslovaques et trente-trois aux Suisses, le Canada, représenté par les Toronto Granites entraînés par Frank Rankin, bat le record de 1920 établi par les États-Unis, qui avaient trouvé vingt-neuf fois le chemin des filets helvétiques. La Suisse joue de malchance puisque son gardien Savoy reçoit le palet dans le visage à la première minute du premier match et est remplacé par Filiol.

 

Groupe B

28 janvier
États-Unis - Belgique 19-0 (9-0,6-0,4-0)
29 janvier
Grande-Bretagne - France 15-2 (5-1,3-1,7-0)
30 janvier
Grande-Bretagne - Belgique 19-3 (8-1,6-1,5-1)
États-Unis - France 22-0 (12-0,1-0,9-0)
31 janvier
France - Belgique 7-5 (3-3,3-1,1-1)
États-Unis - Grande-Bretagne 11-0 (6-0,2-0,3-0)

Classement : 1 États-Unis 6, 2 Grande-Bretagne 4, 3 France 2, 4 Belgique 0.

Obligée de rappeler de sa retraite le vieux Maurice del Valle comme gardien, la France est laminée. Le meilleur joueur des Bleus est Albert Hassler, qui participe également aux épreuves de patinage artistique et de patinage de vitesse, domaine dans lequel s'illustre aussi son coéquipier Léon Quaglia. C'est le capitaine Alfred De Rauch qui contribue au succès sur la Belgique par un quadruplé.

 

 

Tour final

Rappel : Canada - Suède 22-0
         États-Unis - Grande-Bretagne 11-0
1er février
Canada - Grande-Bretagne 19-2 (6-2,6-0,7-0)
États-Unis - Suède 20-0 (5-0,7-0,8-0)
2 février
Grande-Bretagne - Suède 4-3 (0-1,2-2,2-0)
3 février
Canada - États-Unis 6-1 (2-1,3-0,1-0)

Classement : 1 Canada 6, 2 États-Unis 4, 3 Grande-Bretagne 2, 4 Suède 0.

Le match décisif oppose comme prévu le Canada aux États-Unis. Cette finale à laquelle il ne manque que le nom se déroule devant sept mille spectateurs, dont nombre de supporters canadiens encourageant leur équipe de vive voix. La partie est enthousiasmante car les Nord-Américains ne pratiquent pas à cette époque le jeu stéréotypé qui se développera en NHL dans les décennies suivantes : les renversements d'attaque sont permanents et les joueurs portent le jeu sur toute la surface de la glace, n'hésitant pas à croiser leurs courses et à étaler leur technique.

Harry Watson, joueur d'exception, marque après moins de trois minutes de jeu le premier but canadien. Le gardien américain Alphonse Lacroix, dont les parents ont émigré de Bretagne vers la Louisiane au tournant du siècle, doit faire face à une avalanche de tirs canadiens avant de céder à nouveau devant Watson. Celui-ci est en train de mettre en oeuvre ce qu'il avait écrit dans le Toronto Telegram (journal où il écrit une chronique pendant la durée des Jeux), à savoir que son équipe battrait les Américains par dix buts d'écart. Mais ceux-ci ne s'en laissent pas compter, et ils font savoir ce qu'ils pensent de ce pronostic optimiste par une crosse haute intentionnelle au visage de son auteur.

Le seul joueur à avoir déjà participé au tournoi de 1920, Herb Drury, réduit le score. Mais ce joueur est tellement au-dessus de ses équipiers américains qu'il devrait trop baisser son niveau de jeu pour construire des mouvements collectifs. Il est donc contraint à des actions individuelles certes virtuoses de patinage et de dribble, mais qui ne se mettent pas au service de l'équipe. Ce sera donc la seule fois où le jeune gardien canadien John Cameron, qui n'a même pas dix-huit ans, sera battu.

Les Américains ne peuvent en effet maintenir le rythme du premier tiers et s'essoufflent face aux physiques Canadiens en deuxième période, concédant trois nouveaux buts, par les deux autres membres du premier trio offensif, l'ailier droit Reginald "Hooley" Smith et le centre Albert Mc Caffery, puis par le défenseur Dunc Munro. Ils retrouvent ensuite leur jeu et dominent même l'ultime tiers-temps, mais Watson marque en contre-attaque son troisième but du match, le trente-septième pour lui dans ce tournoi.

Si ce fantastique Harry Watson ne jouera jamais en NHL, ses coéquipiers cités plus haut y feront de longues carrières. Smith remportera deux Coupes Stanley avec les Ottawa Senators en 1927 et les Montréal Maroons en 1935, McCaffery une avec les Canadiens de Montréal en 1930, et Munro une avec les Maroons en 1926. Dans l'équipe américaine, le plus célèbre sera Clarence "Taffy" Abel, le premier joueur né aux États-Unis - ce qui n'est pas le cas de Drury - à être un titulaire régulier en NHL. Pendant deux ans, il refusera pourtant de rejoindre la ligue, jusqu'à ce que Conn Smythe, le gérant des New York Rangers, lui tende un piège en lui fixant un rendez-vous dans un wagon Pullman. Soudain, le train démarre et Smythe annonce à Abel - 110 kg - qu'il est coincé et que, s'il ne signe pas, il ne pourra pas descendre jusqu'à la prochaine gare à quatre cents kilomètres de là. Abel paraphe le contrat, serre la main de son futur patron, et saute en marche au moment où le train allait quitter le quai. Il contribuera en 1928 à faire des New York Rangers la première équipe américaine à gagner la Coupe Stanley. Le joueur le plus physique de NHL sera vendu à Chicago pour avoir pris une dizaine de kilos supplémentaires depuis ses débuts, mais il récidivera en emmenant les Chicago Blackhawks à leur premier titre en 1934.

 

Meilleurs marqueurs

                           B   A  Pts
1 Harry Watson     CAN    37   9   46
2 Bert McCaffery   CAN    19  15   34
3 Reginald Smith   CAN    17  16   33
4 Herb Drury       USA    22   3   25
5 Dunc Munro       CAN    18   4   22

 

 

Les JO précédents (Anvers 1920)

Les JO suivants (Saint-Moritz 1928)

 

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