Championnats d'Europe 1926

 

La Suisse ne désigne l'équipe qui la représentera qu'au tout dernier moment, en organisant la finale de son championnat entre Davos et Rosey juste après le match d'ouverture Belgique-Espagne. Le HCD y marque deux buts dans les cinq dernières minutes malgré l'expulsion de son gardien - remplacé par le défenseur Müller - en même temps qu'un joueur adverse, et il gagne ainsi 4-2. Dufour (Rosey), Martignoni et Andreossi (Saint-Moritz) renforceront quand même l'ossature de l'équipe championne. C'est la première fois - et sûrement pas la dernière - que la Suisse se fait représenter par ce HC Davos renforcé.

Il fait un froid très sec, parfois -27°C le matin pour le début des épreuves, et jusqu'à -33°C la nuit.

 

Premier tour (du 11 au 13 janvier 1926)

Groupe A

Belgique - Espagne 5-0 (4-0,1-0)
  F. Franck (Bureau), Poplimont (Franck), F. Franck (Poplimont), Kreitz, Bureau
Tchécoslovaquie - Belgique 2-0 (1-0,1-0)
  Malecek 2
Tchécoslovaquie - Espagne 9-2 (3-0,6-2)
  Malecek 4, Jirkovsky 3, V. Loos 2 / A. Arche, Neville

Classement : 1 Tchécoslovaquie 4, 2 Belgique 2, 3 Espagne 0.

La Belgique n'a pas sa meilleure équipe à disposition, il lui manque notamment les frères Van Reysschoot. Elle met donc en place un système défensif contre les Tchèques, avec Louis Franck comme milieu en retrait par rapport aux deux avants Kreitz et Poplimont. Cela ne suffit pas pour empêcher deux buts de Josef Malecek, le second sur un palet mal capté par le gardien Hector Chotteau.

 

Groupe B

Autriche - France 2-1 (0-1,2-0) [le 12 janvier]
  H. Brück 2 / Couvert
France - Pologne 2-1 (1-1,1-0)
  Hassler, De Rauch / Adamowski
Autriche - Pologne 2-1 (0-1,2-0)
  H. Brück, Spewak / Kuley

Classement : 1 Autriche 4, 2 France 2, 3 Pologne 0.

Les Chamoniards, qui représentent seuls la France, sont arrivés un peu tard à Davos, et leur premier match contre l'Autriche est donc reporté au matin du deuxième jour. Ils s'inclinent sur deux buts où les arrières ont gêné leur gardien, et ils doivent rejouer l'après-midi. Ils parviennent heureusement à réaliser un beau match contre les Polonais malgré la fatigue. La première place est quand même pour les Autrichiens, qui combinent joliment et ont progressé au contact du champion olympique canadien Blake Watson, qui les entraîne depuis un an.

 

Groupe C

Grande-Bretagne - Italie 8-1 (4-0,4-1)
  Cuthbert 6, Sexton 1, G. Reid 1 / Botturi
Suisse - Italie 13-0 (7-0,6-0)
  Geromini, Meng, Kraatz, Meng, Meng, Kraatz, Geromini, Geromini, Meng, Meng, Dufour, Dufour, Dufour
Suisse - Grande-Bretagne 5-4 a.p. (1-3,2-0,1-1,1-0)
  Andreossi, Meng 2, Dufour, Spengler / G. Ried, Sexton 2, Cuthbert

Classement : 1 Suisse 4, 2 Grande-Bretagne 2, 3 Italie 0.

Le choc entre Suisses et Britanniques se joue à guichets fermés et tient toutes ses promesses. La Suisse est menée au score sur deux erreurs de son gardien Martignoni. Elle parvient à revenir face au vieux Bethune Patton qui s'est reconverti comme gardien. Elle croit tenir la victoire, mais Sexton égalise juste avant la fin de la première période de temps supplémentaire. Tout est à refaire, et les Suisses ne commettent pas deux fois la même erreur. Une fois qu'ils ont marqué, ils se recroquevillent en défense pour préserver leur avance. Ils gagnent ensuite la prolongation, jouée sans Spengler blessé au pied par un coup de patin

 

 

Barrages (le 14 janvier 1926)

France - Belgique 1-0 (0-0,1-0)
  Hassler
Belgique - Grande-Bretagne 0-5 (0-3,0-2)
  Cuthbert 4, G. Reid
Grande-Bretagne - France 3-1 (2-1,1-0)
  Sexton 3 / Quaglia

On n'a jamais vu autant de participants à un championnat d'Europe, et les organisateurs improvisent un peu la formule au fur et à mesure. Exemple avec ces barrages pour désigner le dernier qualifié pour la poule finale : les trois matches doivent se dérouler le même jour. Le matin sous la neige, Chotteau repousse un shoot de Joseph Monnard directement sur la crosse d'Albert Hassler, qui marque ainsi le seul but du match France-Belgique. Mais l'après-midi, Hassler est fatigué et Monnard est un peu seul pour mener l'attaque française. Blane Sexton, né Canadien mais marié à une Anglaise et installé à Londres, marque donc trois buts de grand style pour qualifier la Grande-Bretagne.

 

 

Matches de classement

Tour de consolation (14, 16 et 17 janvier 1926)

Pologne - Italie 3-1 (0-0,3-1)
  Adamowski 2, Tupalski / Paulon
Pologne - Espagne 4-1 (2-1,2-0)
 Adamowski 2, Tupalski 2 / Neville
Italie - Espagne 2-2 (1-2,1-0)
  Piazza, Urbano / R. Arche 2

Classement : 1 Pologne 4, 2 Italie 1 (-2), 3 Espagne 1 (-3).

 

Match pour la sixième place (le 17 janvier 1926)

Belgique - Pologne 1-3 (1-1,0-2)
  Van Reyschoot / Adamowski, Kowalski, Tupalski

La Pologne termine à une belle sixième place pour sa première participation. Elle est la révélation de ce championnat, avec de bons patineurs et un jeu collectif et très correct.

 

 

Poule finale (du 15 au 17 janvier 1926)

Suisse - Autriche 5-3 (3-0,2-3)
  Dufour 3, Meng 2 / Lederer 2, Spevak
Tchécoslovaquie - Grande-Bretagne 2-1 (1-0,1-1)
  Malecek, V. Loos / Sexton 1
Suisse - Tchécoslovaquie 0-1 (0-1,0-0)
  Malecek
Autriche - Grande-Bretagne 3-1 (1-1,2-0)
  Lebzelter, Wollinger, H. Bruck / Sexton
Autriche - Tchécoslovaquie 1-0 (0-0,1-0)
  Lederer
Suisse - Grande-Bretagne 7-4 (3-2,4-2)
  Meng 2, Dufour 2, Kraatz 2, Geromini / Cuthbert 2, Millington, J.Reid

L'enjeu semble prendre le pas sur le jeu dans cette poule finale. Le premier match est une partie brutale, et le gardien Martignoni, sonné par une charge de Lederer, doit céder sa place à Fasel. Au deuxième match, Malecek marque et la Tchécoslovaquie arrête de jouer en gagnant du temps. Quand Vilém Loos ajoute un deuxième but, elle n'attaque plus que par échappées solitaires. Les Tchèques, qui ont fait venir leur meilleur arrière Josef Sroubek de Prague pour cette poule finale, semblent tenir la tactique gagnante, qu'ils rééditent contre la Suisse.

Mais ils tombent sur un os le dernier jour contre l'Autriche. Le match est encore très fermé. L'arbitre belge André Poplimont (qui habite au 16 rue des Aveugles, à Anvers, une adresse comique pour quelqu'un qui exerce cette fonction) refuse un but à Jaroslav Jirkovský car il a marqué alors qu'il était couché sur la glace. C'est donc Ulli Lederer qui marque le but de la victoire pour l'Autriche.

 

Pauvres organisateurs ! Avec deux victoires chacune, la Suisse, l'Autriche et la Tchécoslovaquie sont à égalité. Or, il a été décidé que l'on ne ferait pas appel au goal-average. Les équipes doivent donc se rencontrer à nouveau pour se départager. Or, les Tchécoslovaques doivent repartir le lundi 18 à 16h30 précises. On les fait donc jouer contre la Suisse à 10h et contre l'Autriche à 12h30.

 

Poule pour le titre (18 et 19 janvier 1926)

Suisse - Tchécoslovaquie 3-1 (0-0,3-1)
  Kraatz, Dufour 2 / Sroubek
Tchécoslovaquie - Autriche 3-1 (0-0,3-1)
  Jirkovsky 2, Malecek / Lederer
Suisse - Autriche 2-2 (1-1,1-1)
  Meng 2 / Lederer, Walter Brück

Classement : 1 Suisse 3, 2 Tchécoslovaquie 2, 3 Autriche 1.

Les compteurs sont remis à zéro et les Suisses en profitent. Un long tir de Fritz Kraatz trompe Peka entre les patins et franchit la ligne à petite vitesse. Krásl égalise alors que Geromini gêne son gardien en essayant d'intercepter, mais Louis Dufour dribble toute l'équipe tchèque, gardien compris, par deux fois. Jirkovský prend sa revanche sur l'Autriche grâce à deux buts bien validés, ce qui fait l'affaire... de l'équipe locale, qui n'a besoin que d'un nul pour parachever son œuvre (en cas de défaite 1-3 dans le dernier match, et avec des Tchèques rentrés au pays, on n'ose imaginer le casse-tête...). La Suisse, qui n'avait jusqu'ici remporté qu'un seul match officiel - contre l'Espagne - dans son histoire, fait donc un surprenant champion d'Europe à domicile. Le niveau général de ces championnats a pourtant largement augmenté, notamment sur le plan du jeu défensif.

 

 

 

Les championnats d'Europe précédents (1925)

Les championnats d'Europe suivants (1927)

 

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